Histoire de SLM

histoire et bagne

Au début du 19e siècle, les nombreuses tentatives de colonisation de la Guyane avaient échouées et les bagnes, implantés entre autres, à Cayenne et Sinnamary dans un objectif de réhabilitation par le travail n’avaient permis, en réalité, aucune croissance économique. Vers 1850, afin de développer la colonie, le gouvernement français  réorganisera le système de condamnation aux travaux forcés en le renforçant par le principe du « doublage de peine ». C’est-à-dire l’obligation pour les condamnés en fin de peine de rester sur place durant un temps identique à celui de sa condamnation.

Dans le même temps, étaient décidés la répartition et l’implantation sur l’ensemble du territoire de nouveaux camps de bagne.

En 1850, le commandant MELINON pour le Nord-Ouest de la Guyane, retiendra le site dénommé KAMALAGULI, village d’Amérindiens frontalier entre les Guyanes Française et Hollandaise.

Site d’autant plus propice aux futures activités économiques de la colonie que la capacité du fleuve permettait la création d’un port en eaux profondes.

Administrée par la Marine, la cité connaîtra une expansion rapide puisqu’elle comptera plus de 2000 habitants en 1880. L’extension territoriale, la présence de civils de plus en plus nombreux imposera la transformation de cette cité administrative en commune le 21 février 1858, et Saint-Laurent du Maroni tirera son nom à partir du patronyme du Contre-Amiral Laurent BAUDIN, gouverneur de la Guyane, accolé au nom du fleuve bordant la cité.

Bien que les principes des travaux forcés et du doublage de peine aient rapidement montré leurs limites dans le développement économique, la déportation de bagnards sur le territoire de la Guyane continuera jusqu’en 1938. La dénonciation implacable par Albert LONDRES des horreurs du bagne, puis l’activité humanitaire incessante, en faveur d’un adoucissement du traitement des condamnés menées depuis 1933 par l’Armée du Salut, soulèvent l’opinion internationale.

Aussi en 1946, le gouvernement français prendra la décision de fermer définitivement les bagnes de Guyane, d’ériger Saint-Laurent du Maroni e  commune de plein droit le 09 novembre 1949 et de rapatrier les condamnés vers la Métropole. Le dernier convoi quittera la Guyane en 1953.

La page du bagne sera définitivement tournée pour Saint-Laurent du Maroni, dont la beauté et l’originalité des bâtiments  construits sous l’administration pénitentiaire  et par les bagnards auront valu à la commune de surnom de « Petit Paris ».

La réputation douloureuse du bagne ternissant son image vaudra à la commune une mise en sommeil malheureuse pendant de nombreuses années.

Il faudra attendre 1982, pour que, sous l’impulsion d’une nouvelle équipe municipale dynamique et attachée à la renaissance de la commune, Saint-Laurent du Maroni retrouve sa vitalité et son surnom.

Entre 1852 et 1953, environ 70000 condamnés, répartis en quatre catégories seront passés dans les différents camps implantés sur le territoire de Saint-Laurent du Maroni :

  • Les DEPORTES, prisonniers politiques,
  • Les TRANSPORTES, prisonniers de droit commun,
  • Les RELEGUES, prisonniers récidivistes,
  • Les LIBERES, prisonniers exécutant leur temps de doublage.